Comment faire pour que « 1 + 1 = 3 » ?

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Comment faire pour que 1 + 1 = 3 ?
Au travers de l’interview de Fabien Galthié, qui a connu une dizaine d’équipes différentes au court de sa carrière, nous avons voulu mettre en lumière quelques facteurs de cette performance collective… percer les secrets d’une forme d’alchimie qui, selon la légende, transmute le plomb en or.

L’interview a duré presque 1h, et elle fut dense.Ainsi, pour vous faire profiter de toute cette richesse, nous mettrons nos talents de coachs à deux endroits :

1/ Dans la synthèse des échanges autour de trois items :

  • Ses apprentissages quant à la performance collective
  • L’énergie du collectif et l’irrationnel : le rebond favorable n’est pas le fruit du hasard
  • L’importance de la prise de recul

2/ Dans des propositions d’articles que nous vous offrons pour aller plus loin.
Ceux-ci sont en rapport avec le sujet abordé par Fabien mais sont orientés management et/ou coaching en entreprise. Ils approfondissent soit :

  • Le côté pratico-pratique : comment peut-on faire en entreprise ?
  • L’aspect de la posture du manager ou du coach
  • Les dynamiques d’équipes du point de vue du coaching ou du manager/coach

Pour ne pas casser le rythme de l’article les liens vers ces articles sont en bas de cette interview.
Chacun pourra ainsi, suivant son intérêt, profiter du voyage à sa manière.

Mais avant de commencer, faisons un rapide rappel du parcours de Fabien Galthié

Fabien Galthié en tant que joueur :

  • 1 titre de champion de France
  • 1 titre de champion d’Europe (club)
  • 3 Grands chelems au tournoi des 6 nations
  • 1 titre de vice-champion du monde
  • 2 « Oscars » de meilleur joueur du championnat de France
  • 1 titre de « meilleur joueur du Monde » (IRB)

Fabien Galthié en tant qu’entraîneur :

  • 1 titre de champion de France (stade Français)
  • 2x finaliste du championnat de France
  • 1x finaliste de la coupe d’Europe
  • 2 titres de « meilleur encadrement technique du top1 4 » (Stade Français & Montpelier)

Fabien Galthié en tant que consultant :

  • Une vingtaine d’années d’expériences en entreprise (séminaires/conférences)
  • Une dizaine d’années en tant que commentateur sportif pour la télévision

 

Fabien, qu’avez-vous appris sur la performance collective au cours de toutes ces expériences au plus haut niveau ?

 « J’ai beaucoup appris sur les équipes en tant que joueur, mais beaucoup plus encore en devenant entraîneur (…) moi qui ai été un joueur reconnu… et encore plus que ça… qui ai vécu dans la culture sportive du triomphe, de la célébration, de l‘égocentricité… je peux dire que le fait d’entraîner ça te ramène à la base… ça t’apprend le don de soi, la remise en question permanente de ce que tu crois, l’écoute… devenir entraîneur ça t’apprend l’humilité, car il n’y a pas une équipe identique (…) je fais des missions de 2 à 4 ans, et à chaque fois, je me dis que je repars de zéro, sans certitude mais avec des convictions. J’ai connu une dizaine d’équipes dans ma vie (Coulommiers, le Stade Français, Montpellier, Toulon, la sélection Argentine, un club d’Afrique du Sud, l’équipe de France…) autant de mœurs et de cultures différentes. Il n’y a pas un modèle de réussite qui se ressemble.
Par exemple, Toulon a une identité très forte d’un point de vue rugby, mais l’arrivée de nombreux nouveaux joueurs, dont beaucoup d’étrangers, fait qu’il est plus difficile de les associer à cette identité pour l’instant… pour autant cela reste un objectif quotidien, mais l’intégration des joueurs dans cette identité équipe, demande du temps.

Au stade Français par contre, on avait beau être à Paris où la culture rugby était peu développée à cette époque, il y avait une identité et une fierté d’appartenance très forte dans cette équipe et pour cette institution, un vécu collectif très important, peu de turn-over, plus de liens, plus d’identification.
Pour ces deux équipes les leviers de cohésion et de motivation ne sont pas les mêmes, les habitudes de travail non plus, les attentes et la communication encore différentes… et chaque détail a son impact sur la dynamique, la performance collective.

Tu peux te croire bon en tant qu’entraineur, réussir, gagner des titres, savoir des choses… il suffit que l’on te change d’équipe et d’environnement de travail et tu te rends vite compte qu’il te reste beaucoup de choses à comprendre. Mais paradoxalement, ces expériences qui t’enseignent l’humilité te rendent plus fort. (Voir à ce sujet : « vulnérabilité et force intérieure »)

Il ne peut y avoir de recette toute faite…, prenons la période de préparation de la saison, tous les ans on a du temps et pas de matchs officiels, on pourrait penser que l’on peut y appliquer une préparation type. Mais non… tous les ans, je me repose les mêmes questions… par exemple :
Qu’est-ce qu’il faut faire en début de saison quand les joueurs arrivent de loin ? Rester sur place ? l’avantage c’est que les joueurs apprennent à se situer dans leur environnement, mais par contre ils rentrent chez eux tous les soirs… ou faire une tournée pendant 15 jours ? Les joueurs vont apprendre à se connaître parce qu’on va passer 15 jours et 15 nuits ensemble, mais on va délocaliser une fois de plus des joueurs qui viennent d’être délocalisé de chez eux… il n’ y pas une recette pour créer une communauté d’individualité, mais ce choix va déjà colorer la dynamique de l’équipe.
D’ailleurs c’est un peu paradoxal, les choix de l’entraîneur sont importants mais c’est très relatif, un mauvais choix, s’il est suivi par toute l’équipe peut devenir un bon choix, et inversement un bon choix qui n’obtient pas d’adhésion se transforme en mauvais choix.

Passer de joueur à entraîneur t’apprend à écouter l’équipe (…) chaque joueur a son talent et son pouvoir d’influence, j’aime à dire que l’entraineur recherche « l’alignement des étoiles » et dans cet alignement il y a également le contexte de l’équipe, son statut et les attentes qu’il peut y avoir sur les objectifs. La performance tient à une forme d’alchimie, et il y a des éléments sur lesquels tu as de l’emprise, d’autres moins.


Articles :

  • Management et leadership : embarquer votre équipe
  • Utiliser « la carte des partenaires » pour devenir un stratège des dynamiques collectives
  • En fin d’interview nous avons ajouté un extrait du livre d’Aimé Jacquet : « ma vie pour une étoile ». Il nous donne un bel exemple quant à l’importance de ces « détails » évoqués par Fabien dans le management et la performance

Dans notre métier on manage beaucoup le rationnel, la technique, la tactique, le physique, et c’est important car il faut apporter des solutions concrètes et structurantes aux joueurs, mettre en place de la cohérence technique et tactique, sinon on se retrouve très vite en difficulté… mais il faut également manager l’émotionnel et le relationnel (…) pour réussir l’alchimie et produire de l’énergie.
On le fait avec plus ou moins de bonheur.

Manager les deux est important, mais ils sont très liés… quand on gagne parce qu’on fait les bons choix rationnels, la partie émotionnelle va bien sans avoir à trop la manager…
Par exemple, j’imagine qu’en ce moment le moral des équipes chez Orange est meilleur que celui de SFR. Orange vient de réussir le pari « d’Orange Banque » alors que son adversaire SFR est en difficulté parce qu’il a une convergence de métier non cohérente, des suppressions de postes et une dette abyssale… Vous aurez beau travailler sur l’émotionnel il doit y avoir un état interne qui fait que ça va mieux chez orange que chez SFR… et pourtant chez Orange, dans les années 2000, il y avait beaucoup de dépression, à ce moment ils connaissaient des changements de structuration énormes, notamment avec des gens qui travaillaient aux PTT et qui se retrouvaient à vendre en agence des coffrets qui contenaient… du vide. Il y a besoin d’une cohérence structurelle et d’une confiance dans celle-ci pour que l’émotionnel puisse s’exprimer positivement


Vous parlez souvent d’irrationnel et d’énergie produit par le collectif, vous croyez que le rebond favorable n’est pas dû au hasard ?

 

Bien sûr ! Il a une part d’irrationnel dans la performance d’une équipe, une forme d’énergie collective qui fait que ça vous réussit et que tout s’harmonise plus naturellement (…) Cette énergie, qui résulte en partie de « l’alignement des étoiles », provoque souvent ce rebond favorable par exemple, et par expérience, je peux dire aujourd’hui que ce n’est pas un hasard, c’est difficile à expliquer mais pour autant bien réel : le rebond favorable du ballon n’est pas dû au hasard.

Article pour les curieux : les secrets de la chance…

Quand je disais que ce métier apprenait l’humilité c’est aussi parce que parfois, malgré tous nos efforts, nos compétences et nos expériences, cette énergie ne se produit pas, et j’ai appris à ne pas vouloir la chercher ou la produire absolument. Elle n’est pas là, ok, il faut continuer à travailler, à manager du mieux possible le rationnel, être présent et rassurer.
Le danger, c’est de focaliser sur cette énergie positive qui n’est pas là, car tout le monde le ressent, et si l’équipe focalise sur ce qui lui manque, elle va avoir tendance à en chercher les causes et bien souvent les coupables… or, dans ces moments, il est préférable de se focaliser sur tes points d’appuis et sur les choses sur lesquels tu peux agir, il faut juste tenir, travailler sur tes organisations qui vont faire que la performance minimale sera quand même assurée. Il faut accepter la situation, et ce n’est pas se résigner, bien au contraire. Après petit à petit, quand vient le temps, tu peux faire des choix qui favorisent l’expression de chacun.

Article : Les 9 bons réflexes pour traverser la crise en équipe :

Montpellier est un bon exemple pour illustrer cette énergie collective. Je me souviens de ma première année d’entraîneur pour ce club… en tant que ville, il n’y avait quasiment pas de culture du rugby…  et l’équipe avait un niveau plutôt en dessous, mais les joueurs se connaissaient depuis 10 ans et le groupe, en tant que tel, était très fort. Cette longévité tient à ce que les joueurs n’avaient pas été poussés dehors parce qu’ils avaient le niveau pour jouer le maintien, ni plus ni moins… et c’est ce que le club attendait comme résultat. Mais dès cette première année, on va en finale !
L’année suivante, on recrute bien, on vise un haut de tableau… et on rame pour assurer rapidement le maintien.
Avec cette énergie dont on a parlé précédemment, il a été beaucoup plus facile d’être finaliste avec une « petite » équipe que de se maintenir avec une équipe taillée pour le haut de tableau, on a dû fournir beaucoup plus d’efforts la seconde année, c’était moins fluide, moins aligné… Je pense que cela tient en grande partie au fait : que le groupe de « copains » avait éclaté du fait du recrutement, il fallait également retrouver un équilibre dans les leaderships, dans les relations humaines et techniques… enfin le statut de l’équipe avait également changé, les attentes et la pression liée à l’objectif aussi… tous ces facteurs, quand ils sont alignés produisent une énergie qui porte l’équipe, et quand ils ne le sont pas… cela consomme, au contraire, beaucoup d’énergie !

Article : Effort ou énergie… les clés du succès

 

 

Au travers de ce que vous dites, il semble que la prise de recul du manager soit un élément important dans la réussite de l’équipe…

 

Pour performer avec son équipe, le manager doit trouver cet équilibre entre le rationnel et l’émotionnel, mais tous les managers ont leurs forces et leurs faiblesses, leurs préférences et leurs zones d’ombres. Certains sont très axé stratégie et plan de match, d’autre plus sur le relationnel et l’esprit d’équipe… C’est pourquoi je crois que pour qu’un manager performe avec son équipe, il doit avant tout bien se connaître et s’entourer de personnes qui comblent ses manques (…) et pour bien se connaître, tout est bon : les expériences, des gens extérieurs qui vous apportent un regard différent, l’équipe qui nous renvoie des choses… Avec de l’humilité et de la réflexion, on apprend beaucoup. L’idée n’est pas d’être « parfait » en tant qu’entraîneur, bien équilibré sur tous les plans, c’est plutôt d’être en conscience de son style et des effets que cela produit sur l’équipe. C’est, je pense, une grande part du leadership.

Article : Sortir de la solitude des managers

Par rapport à cette prise de recul, et toujours dans cette optique de performance, il est également important d’avoir conscience qu’on est devenu des consommables : l’institution consomme ton énergie, tes compétences, tes expériences…  il faut avoir conscience qu’on a l’énergie pour faire un certain temps et qu’il ne faut rien attendre en retour… si ce n’est la réflexion, c’est une profonde expérience que l’on va vivre et un apprentissage profond, sur l’humain, sur le rapport entre l’émotionnel et le rationnel, c’est une expérience humaine rare et riche au sens figuré. Il faut savoir pour quoi on donne son énergie, il faut apprendre à être consommé sans se consumer. Ça aide également à faire des choix plus alignés et donc souvent mieux suivis par l’équipe.

Article : La joie de travailler

Enfin, la prise de recul est également importante pour l’équipe elle-même, cela lui permet, tout comme le manager, de trouver son identité et de l’assumer. Ça lui donne de la force. Les « mises au vert » ou les team-building sont de bonnes occasions pour cela, en entreprise ce sont des séminaires (…)
D’ailleurs les choix à faire pour organiser un séminaire en entreprise sont peut-être encore plus importants que dans le sport… Dans le sport on a du temps pour travailler sur l’équipe, la phase de préparation dure plusieurs mois et la compétition, c’est 1 match par semaine, on a le temps de prendre soin des relations, de partager le projet de jeu et de réajuster les systèmes. Dans le rythme de l’entreprise, la compétition c’est tous les jours, 8H par jour… alors dans l’organisation d’un séminaire de 2 jours il faut inévitablement faire des choix, on ne peut pas tout travailler, et ces choix sont important.

Je crois que la prise de recul régulière du manager va justement lui permettre de faire des choix plus alignés avec qui il est, et peut-être également, plus en conscience à la réalité de son environnement : Quel est l’état des relations dans l’équipe ? Quel est l’effet des objectifs sur les joueurs ? Les choix sont-ils bien suivis et relayés par les leaders de l’équipe ? Quel est l’état de la confiance collective, de la fraicheur physique et mentale ? Nos valeurs collectives sont-elles visibles concrètement sur le terrain ?… ça fait beaucoup de sujets de séminaire, tous importants, alors sur deux jours il faut faire des choix, avoir la lucidité de ne sélectionner que les 20% des sujets qui feront levier sur la performance collective et généreront 80% de la performance.


En plus de bien sélectionner l’objectif du séminaire, l’important pour qu’il se passe quelque chose c’est de mettre l’équipe en déséquilibre dynamique, les contraindre à fonctionner ensemble d’une manière différente de leurs habitudes. Ce déséquilibre peut être obtenu en vivant des expériences optimales (activités physiques) ou tout simplement en construisant ensemble une feuille de route (si c’est une équipe peu habituée à cette pratique). Il n’y a pas de vérité, mais l’animation des sujets, la façon de les amener et de la débriefer sont tout aussi important que le sujet lui-même.

De mon expérience d’entraîneur, je peux dire que lorsque l’équipe se retrouve, sort de son rythme quotidien, il se passe de toute façon souvent quelque chose (…) on le sent, on le voit dans l’engagement, dans la fluidité des interactions, l’équipe ressort avec une énergie nouvelle. C’est difficile à décrire, mais on sent qu’il se passe quelque chose.
Par exemple, avec le Stade Français, l’année où l’on a été champion de France, on est parti faire une mise au vert à Puja en Corrèze, et dans la qualité de travail, la dynamique collective, on a senti qu’il s’était là passé quelque chose à ce moment. On est également parti trois jours au ski cette saison-là, et là aussi il s’est passé quelque chose. Lors de ces moments on sent les énergies, les relations… et pas que l’entraineur, les joueurs aussi le sentent. Ça génère une confiance collective impressionnante. Cette saison-là les joueurs se connaissaient bien, et on a pris le temps de bien s’occuper de la vie de l’équipe, et comme par hasard on a été champion de France alors qu’on avait eu beaucoup de blessés… mais il y avait une énergie qui poussait l’équipe vers l’avant et qui faisait que quel que soit le joueur sur le terrain le niveau de l’équipe restait le même. Mais pour arriver à ce résultat de dynamique collective c’est trois ans de travail avec le groupe, et c’est aussi beaucoup de frustrations collectives à traverser (on a perdu deux fois en finale les années précédentes).
Le contexte particulier d’un séminaire facilite probablement l’alignement dont j’ai déjà parlé… et la création de cette énergie collective que cela génère parfois, je l’ai aussi vécue lors de séminaires d’entreprises. Tu le sens, tout le monde le sent, il se passe quelque chose qu’il n’y avait pas avant et qui peut perdurer si le manager et l’équipe prennent soin de l’entretenir, la difficulté après c’est de maintenir le souffle.

 

Merci Fabien pour ton accessibilité, l’humilié et la bienveillance que l’on a ressentie lors cette interview.

 

Violaine Herriau (0669144027) avh-coahing.fr

Bérenger Briteau (0661119834) berenger@poitierscoaching.fr

 
Extrait du livre d’Aimé Jacquet : « ma vie pour une étoile »
Ce passage met également en lumière l’importance de ces moments hors du rythme et des habitudes de la vie de l’équipe, l’importance également de la préparation de ces moments, de l’écoute de l’équipe dans son ensemble (ce que l’on appel dans notre jargon « le bruit du moteur ») et enfin, l’importance de l’adhésion des leaders de l’équipe.

Voici pour Aimé un des moments clés de la victoire de 98 :
« Entre ces deux victoires de l’automne 97, aux sifflets amers, et cette première grande échéance du millésime 98 survient un événement majeur pour la suite des opérations : Le stage de Noel à Tignes […] Nous allions demander à une trentaine de joueurs, déjà continuellement éloignés de leur foyer en raison de déplacements incessants, de sacrifier la seule semaine de vacances dont ils pourraient disposer entre juillet 97 et juillet 98 […] Donc, dans mon esprit, ça risquait de coincer. Et, si les garçons venaient à Tignes en traînant les pieds, c’était déjà perdu d’avance. Au lieu des bénéfices escomptés (sur le plan physiologique), nous aurions plutôt à faire le compte des dégâts provoqués sur l’unité et la dynamique du groupe…
Mes craintes n’étaient pas sans fondement, car je me souviens très bien des premières réactions d’un garçon comme Youri Djorkaeff, pourtant prêt à tout pour l’amour du maillot bleu : « Moi je veux bien, mais ce sera quand même la première fois, aussi loin que je me souvienne, que je ne passerai pas Noel avec mes parents, mes grands-parents, mes frères et toute la famille… »
Une fois de plus, Henri (membre du staff) a su balayer mes appréhensions : […] Tu verras, ça se passera bien. Il faut réussir à la perfection le séjour des femmes et des enfants. À partir de là, c’est gagné. Si les gars voient leurs épouses et leurs gamins entourés, chouchoutés, heureux, c’est gagné !
Et  c’est exactement ce qui s’est passé. Nous avons vécu une semaine fa-bu-leuse !
[…] Le soir du réveillon de Noel fut un moment fort de ce séjour. La fête se prolongea tard dans la nuit. Pour l’occasion, le grand salon de l’hôtel avait été transformé en boîte de nuit, avec Youri dans un rôle de DJ… […] Le champagne aidant, on se laisse aller, on lâche une petite réflexion qui n’a l’air de rien, mais qui, recoupée avec d’autres, met au jour un doute, un problème. Et de quoi fut-il question en ce soir de Noel, au bar du Montana ? De l’équipe de France, bien sûr. De son évolution, des essais qui s’y poursuivaient, de son environnement, de la tiédeur du public […] Il n’y avait pas le feu dans la maison, mais quelques interrogations étaient suffisamment perceptibles pour que je décide d’une réunion des « cadres » du groupe, Deschamps, Blanc, Djorkaeff, Desailly, Thuram, Zidane, le lendemain à 18 heures, dans le bureau du directeur de l’hôtel.
Là, je poussai plus loin que jamais l’explication de mon action passée ou à venir. Je leur dis pourquoi et comment nous approchions lentement mais sûrement de la phase de consolidation. J’insistais sur la nécessité de plus en plus impérieuse de notre langage interne, de cette complicité sans faille qui devait exister entre nous et qui nous interdisait toute attaque à l’encontre du groupe, tout propos négatif de nature à le déstabiliser. Dans ce climat de scepticisme que certains prenaient un malin plaisir à entretenir autour de la sélection, il appartenait même aux joueurs de positiver leurs discours, de dire haut et fort leur confiance.
[…] Les six joueurs conviés à ce colloque savaient qu’ils faisaient partie de mon noyau dur, que leur place n’était pas menacée, sauf circonstances imprévues ou particulières. Mais ils devaient sentir qu’autour d’eux rien n’était figé. Cela les obligeait à réfléchir.»

  1. Assumer sa vulnérabilité pour développer sa force intérieure »
  2. Management et leadership : embarquer votre équipe
  3. Utiliser « la carte des partenaires » pour devenir un stratège des dynamiques
  4. Mesurer l’impact des émotions sur la performance collective :
  5. Redonner du souffle à la cohésion humaine lors d’un team-building structuré :
  6. Pour les curieux… les secrets de la chance…
  7. Effort ou énergie… les clés du succès
  8. Sortir de la solitude des managers :
  9. La joie de travailler :
  10. Les 7 clés d’un team-building réussi :
  11. Entretenir le souffle d’une équipe :
  12. Utiliser régulièrement un outil simple : le bilan de fonctionnement
By | 2018-03-11T07:52:13+00:00 11/03/2018|Management & Organisation, Sport & Santé|0 Comments

About the Author:

Paul Devaux
Après un passage « rapide » en école de commerce (Sup de Co Tours), Paul est formateur et Coach depuis une vingtaine d'années. Il dirige le Cabinet Orygin depuis 2006. Il pratique un accompagnement chaleureux et incisif, qui crée l’alliance et bouscule en douceur le cadre de référence de ses clients. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également superviseur de Coachs. A titre personnel, Paul Devaux pratique le Qi Gong, la méditation et le yoga depuis de nombreuses années, ce qui participe du recul dont il essaie de faire profiter ses clients. PAUL DEVAUX : 06.10.56.14.96

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