Halte au leadership négatif !

//Halte au leadership négatif !

Si en terme de développement du leadership l’attention se porte sur les recettes, il serait regrettable de ne pas s’intéresser aux « anti-recettes », repérables aisément dans les attitudes et leurs conséquences nocives. Devenir un leader négatif, c’est finalement facile : il suffit pour l’humain de poursuivre l’irrationalité fréquente de ses raisonnements et décisions. Suivez le guide !

Croire que le leadership appartient aux managers. « De toute façon le manager c’est le responsable de l’ambiance, c’est lui qui est censé entrainer les autres. C’est tout de même pas à nous de faire ça dans l’équipe ! »

Point de vue : Un manager n’est pas forcément un leader, et réciproquement. Le leadership n’est pas une question de statut mais d’attitude dans le contexte : chacun contribue par son comportement à la cohésion/décohésion.

Attendre son heure. « Le leadership ? Il faudrait déjà que je maitrise toutes les ficelles de mon métier et j’en suis loin ! Avec l’expérience, un jour peut-être, je serai exemplaire… »

Point de vue : L’acquisition de compétences relationnelles n’est pas parallèle au développement de compétences professionnelles, et l’identité ne se résume pas au métier.

Focaliser sur le résultat. « Je me mets la pression et je la mets aux autres, c’est normal non ? C’est le résultat qui compte, et uniquement ça. Point barre. »

Point de vue : (Se) manager par le résultat est anxiogène et a des effets négatifs sur la performance. Il est donc important de clarifier ses buts en acceptant le risque d’échec pour se centrer sur les moyens.

Etre intolérant. « Beaucoup de comportements m’agacent ! Ceux qui ne fonctionnent pas comme moi ne méritent au mieux que mon indifférence, sinon mon mépris »

Point de vue : Rien de tel pour créer démotivation et conflits ! Pour assouplir son système de valeur, on peut rechercher des inconvénients à son mode de fonctionnement et des avantages à ce qui nous dérange.

S’affirmer en stressant les autres. « Je déstabilise les autres, les dévalorise et les intimide ?!? Je divise pour mieux régner moi ? Ah bon ? C’est la meilleure ! Et ils seraient nombreux à penser ça en plus ? N’importe quoi ! »

Point de vue : La dominance fait partie des comportements inscrits dans les rapports de force. A apprendre à gérer pour l’individu, sinon plus certainement pour les personnes en face.

Etre hyper-engagé. « Je me donne à fond dans tout ce que je fais, mais j’ai l’impression d’en faire jamais assez. Oui je sais, je suis un éternel insatisfait… »

Point de vue : L’hyper-engagement témoigne souvent d’un fort besoin de reconnaissance. N’attendez pas que l’on vous dise que vous êtes quelqu’un de bien : assumez pleinement vos qualités !

Délivrer des injonctions paradoxales. « D’accord ils ont une mission et des responsabilités mais c’est moi qui décide ce qu’ils ont à faire. Ils se plaignent souvent du manque de moyens, mais c’est surtout qu’ils sont mal organisés ! »

Point de vue : Il serait utile de remettre en cohérence la responsabilité des tâches avec les pouvoirs décisionnels correspondants, et de détailler les fiches de poste en ce sens.

Appliquer des recettes managériales. « Voilà comment j’ai managé dans mon parcours d’entrepreneur pour parvenir à mes résultats, et vous allez faire exactement la même chose avec vos équipes »

Point de vue : Les performances passées ne présagent en rien des performances à venir. Adaptez-vous aux Hommes et aux circonstances, apprenez à manager dans l’incertitude.

Cacher ses émotions. « Je ne montre rien de mes émotions : on a autre chose à faire ici que de parler empathie et sentiments ! Comptez sur moi pour recadrer les râleurs et les surexcités ! »

Point de vue : Exclure toute émotion des relations humaines est irrationnel ; difficile d’instaurer la confiance si on ne laisse jamais rien transparaître.

Manquer d’humilité. « Ma réussite je ne la dois qu’à moi-même. Mon parcours est exemplaire et grâce à moi tous les projets aboutissent ! »

Point de vue : Rien ne prouve que vous soyez le seul responsable de vos succès. Développez l’esprit d’équipe et l’autocritique. Et surtout parlez aussi de vos échecs, car c’est là où l’on apprend le plus !

By | 2017-04-13T14:30:12+00:00 31/05/2015|Management & Organisation|1 Comment

About the Author:

Philippe BAREL
Rédacteur en chef du blog. Coach d’équipe, de responsables d’équipes et consultant-formateur en santé et qualité de vie au travail (SQVT). Diplômé en psychologie du sport (Université Paris-Sud) et en préparation physique et mentale (Université de Bourgogne), il accompagne les équipes des entreprises, sportives et hospitalières à concilier santé et performance. Membre de la Société Française de Psychologie du Sport, du réseau SQVT Nouvelle-Aquitaine (Afnor) et partenaire de l’Institut de Médecine Environnementale, il s’investit dans l’e-santé avec Kiplite, société experte dans l’optimisation personnalisée de l’autonomie physique et psychologique. Il a exercé l’ostéopathie durant 12 ans.

One Comment

  1. maria 19 septembre 2015 at 10 h 18 min - Reply

    L’influence du leader sur ses collaborateurs est primordiale en situation d’adversité ou de changement et la qualité du leadership est l’une des ressources essentielle à la résilience du groupe de travail.
    Les attitudes émotionnelles favorisant un mode de leadership « absorbeur d’anxiété » sont des ressources importantes pour développer la résilience : Le développement de la résilience au travail : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/psychologie-du-travail/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=163&dossid=528

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