Le slow management, une nouvelle perspective pour une performance durable ?

//Le slow management, une nouvelle perspective pour une performance durable ?

Une étude vient de révéler que nos dirigeants seraient de bien piètres élèves et pire, auraient une part de responsabilité dans le manque de compétitivité des grandes entreprises françaises à l’international. En effet, celle-ci indique que les dirigeants français sont moins compétents que dans les autres pays. Parallèlement, une autre étude révèle que les dirigeants dont la personnalité avait été bien notée par les employés, obtenaient une rentabilité des actifs moyenne de 9,35% sur 2 ans, c’est-à-dire près de cinq fois celle obtenue par les dirigeants mal notés, qui parviennent à peine à 1,93% de rentabilité. L’éthique est au premier plan de cette performance avec des dirigeants respectant quatre principes moraux universels dans le business : l’intégrité, la responsabilité, la clémence, la compassion, selon un article dans la Harvard Business Review. Nous pourrions alors, face à ce constat, revoir notre façon de manager l’Humain en France, de diriger nos entreprises de façon plus efficace. Et si le slow management était une réponse à notre paradigme économique vieillissant ?

Slow management : est-ce manager lentement ?

Le slow management est une expression anglo-saxonne qui qualifie ce que nous connaissons en France sous le terme plus large de management éthique. Ce concept fait partie d’une approche plus globale crée il y a une vingtaine d’année en Italie avec le mouvement Slow Food et qui s’est propagé à l’ensemble de l’économie : slow consumer, slow health, le slow business etc.

Face à la vitesse de notre économie – vitesse des flux d’information, des échanges internationaux, des rythmes de vie à la fois professionnel et dans nos vies personnelles – le travail se caractérise par une équation irrésolvable : surcharge de travail + sous-effectif (lié à l’épuisement) = performance. Le slow business est un retour sur des modes anciens de régulation qui prône la performance durable. Vivre dans une slow economy c’est mettre fin à une course effrénée à la croissance et à la vitesse, pour promouvoir une économie plus durable, plus sociale, plus écologique, plus humaine.

Le slow management est la manière de coordonner les actions humaines dans un environnement coopératif, dans le but de construire des relations stables, de longue durée avec les clients et les fournisseurs. Le slow management s’étend à toute l’organisation de l’entreprise que ce soit avec les acteurs en externe et en interne comme ses collaborateurs. Le slow management, c’est avant tout le respect d’une éthique dans le travail, à tous les niveaux hiérarchiques.

Comment mettre en place le slow management ?

Il convient d’adopter l’approche de Sun Tzu (L’art de la guerre) qui consiste à s’immiscer discrètement sur le terrain adverse à travers la dynamique d’un réseau. De cette façon, le stratège opère des transformations en profondeur, tout en détournant les situations en sa faveur. Cette approche doit impliquer de transformer l’organisation fast en une organisation slow en respectant 3 principes et bénéficier ainsi d’avantages compétitifs :

Privilégier le lien social et l’éthique : Revenir à des comportements plus éthiques dans les relations sociales : le respect des autres, le respect du cadre etc.

     Exemples d’application :

  • Réintroduire des relations de travail plus directes par des moyens de communication plus humains ;
  • Développer le leadership par l’empathie et la reconnaissance

Optimisation du temps et ralentir le rythme : Le temps passé à une activité ne garantit pas nécessairement un meilleur résultat. Se concentrer sur l’essentiel et renoncer à tout faire, tout vite.

     Exemples d’application : Prendre le temps 

  • De prendre du recul pour mieux décider et de réfléchir à sa valeur ajoutée et son rôle
  • De partager avec ses équipes et « perdre du temps » (pour en gagner) à discuter autour d’un café
  • De s’entrainer aux techniques de mindfulness pour mieux se concentrer en temps réel et être dans l’ici et maintenant dans ses tâches et dans ses relations.

Recherche du minimalisme : l’art de simplifier les processus

     Exemples d’application : Se fixer des limites et en fixer aux autres

  • Dans notre façon de travailler, c’est, avant tout, accorder à chaque activité un temps et un objectif précis
  • C’est aussi challenger sa hiérarchie pour exprimer ses désaccords et leur mettre des limites dans un souci d’efficacité qualitatif plutôt que quantitatif.

Slow est synonyme de prudence, de discernement, et implique le respect pour les gens, pour les choses, pour la nature, là où l’agitation entraîne la perte des repères. Le slow management est-il une réponse à la désillusion de notre système managérial, au fast management, fondé sur le toujours plus, toujours plus vite avec comme principal interlocuteur email, sans émotion et sans humanité ?

Le slow management remet de l’humain dans nos relations, notre lien social. Il est peut-être une solution pour remotiver les équipes qui ont perdu le sens de leur mission, dans les réorganisations successives. Pour le dirigeant trop éloigné du contexte opérationnel des collaborateurs, le slow management réintroduit le construire ensemble dans une approche de performance durable.

Le slow management, c’est recréer de la valeur, un axe de développement stratégique et un nouvel avantage compétitif. Il implique la valorisation du rôle de chacun des collaborateurs dans l’entreprise quel que soit son niveau hiérarchique :

  • Au niveau managérial : plus de lien humain et plus de reconnaissance
  • Au niveau des collaborateurs : plus de respect du cadre de travail.
By | 2017-04-13T14:30:08+00:00 18/03/2016|Management & Organisation|0 Comments

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Brigitte DEPLAIX
Directeur associé de TakeCare Conseil. Consultante en management et performance durable. Psychologue TCC &TNC – Psychosociologue. Diplômée en Management stratégique (Université Paris Dauphine) et en psychologie.

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