Ostéopathie : vers une approche rationnelle

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L’équipe pédagogique d’Ostéobio, école de biomécanique appliquée à l’ostéopathie, propose une série d’articles sur les enjeux actuels de cette thérapie et son avenir.

Le décret réglementant la formation en ostéopathie en France vient de paraître. L’objet de l’ostéopathie est de prendre en charge manuellement des « dysfonctions » définies comme des altérations de la mobilité (fonction) ou du comportement et de la constitution (structure) des différents composants du corps humain. Ce concept philosophique de dysfonction (ou lésion, ou subluxation), datant du XIXème siècle, reste in-appréhendable et survit toujours alors que les données de la neurophysiologie expliquent avec davantage de crédit l’amélioration symptomatique que procurent les actes de thérapies manuelles.

Des concepts métaphysiques encombrants

« Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent ».

L’altération de mobilité, invisible aux plus puissantes technologies d’exploration médicale, serait à l’origine de contraintes dont dépendraient les troubles fonctionnels musculo-squelettiques. Cet axiome plein de bon sens est pourtant d’ordre métaphysique car il s’oppose aux bases fondamentales de la biomécanique et invite à confondre les causes et les conséquences.

Prenez un cycliste (un muscle). Lorsqu’il pédale (se contracte) le vélo (la vertèbre) se mobilise. Accrochez le vélo à un pylône avec un élastique (un ligament). Lorsque le cycliste pédale, les contraintes dans l’élastique l’étirent. Le vélo peut donc se déplacer, mais plus lentement. Le thérapeute manuel affirmera contre toute rationalité scientifique, mais selon ses concepts, que c’est le déplacement plus lent du vélo (altération de mobilité) qui est à l’origine des contraintes dans l’élastique. Or, la mobilité réduite du vélo est une signature des contraintes dans l’élastique, elle n’en est pas la cause. Remplacez l’élastique par une corde qui immobilise le vélo. Les contraintes dans la corde vont finir par la rompre si elle n’est pas assez résistante. Le thérapeute manuel conclura que c’est parce que le vélo était immobile que la corde a rompu. « Vous vous êtes fait mal parce que votre vertèbre est bloquée, et ce sera ainsi tant que je ne l’aurai pas débloquée ». CQFD ! Or il n’y a là que des mouvements normaux du vélo qui sont fonction des conditions dans lesquelles ils sont réalisés. Qu’est-ce alors que cette altération de la mobilité censée être récupérée par les actes manuels ? Les différents courants philosophiques des thérapies manuelles s’écharpent à son sujet depuis plus de 100 ans.

En revanche, on peut comprendre qu’avec la corde (altération du comportement du ligament), les actions mécaniques nécessaires au geste de pédalage qui produit le mouvement du vélo vont contraindre d’autres éléments et créer des troubles fonctionnels. Seulement, les thérapies manuelles n’ont jamais montré que leurs actes transformaient la structure et donc le comportement des tissus. C’est sûrement pourquoi elles n’arrivent pas non plus à montrer leur capacité à éviter la récidive. Elles s’obstinent pourtant à s’autoproclamer « médecines préventives ».

Malheureusement, un enseignement réglementé comme celui de l’ostéopathie continuera de produire chaque année des milliers de jeunes thérapeutes, professionnels de santé ou non, qui vont « bricoler » l’altération de la mobilité de la vertèbre ou l’altération de la structure du ligament par soumission à des concepts rigides plutôt que d’étudier scientifiquement le phénomène afin de proposer des solutions cohérentes aux douleurs de leurs patients. Quel avenir pour ces jeunes à qui on enseigne qu’un acte qui récupérerait cette mobilité « juste » serait le traitement causal dont la médecine conventionnelle serait dénuée ?

L’apport rationnel de la biomécanique

L’ostéopathe biomécanicien se propose, en dehors de tout dogmatisme, de faire un objet de science du problème des gestes et des troubles fonctionnels et d’en concevoir des applications dans le domaine de la santé et de l’industrie. L’approche la plus pertinente des gestes est une approche biomécanique.

Nous développons un modèle opérationnel permettant l’expertise des gestes à travers le paramétrage des facteurs biomécaniques qui les conditionnent. Ces facteurs sont soit corporels, soit liés à l’environnement du patient. La mesure des paramètres est possible à différents niveaux de précision, dans un examen clinique de routine ou par le biais d’outils technologiques usuels.

Le premier enjeu est de rechercher dans les études déjà existantes, les facteurs biomécaniques qui déterminent les conditions dans lesquelles les actes de thérapies manuelles sont efficaces : c’est lorsque les conditions contraignantes sont éphémères, comme lorsqu’on a porté un objet trop lourd. Dans ce cas, les manipulations, par un effet reflexe, vont diminuer les contractures musculaires et les douleurs. Leur efficacité sur les troubles fonctionnels récents est symptomatique, bien que les thérapies manuelles se revendiquent obstinément d’un travail sur la cause. En revanche, lorsque le trouble fonctionnel est chronique ou récidivant et que les contraintes sont liées à des facteurs corporels comme la raideur augmentée d’un tissu, ces actes montrent leur efficacité à court terme puisque la cause des contraintes est toujours présente.

Nous devons maintenant confronter notre approche à celles médicales et ergonomiques normatives qui ne semblent pas montrer de résultats probants dans la gestion des troubles fonctionnels.

Un regard interdisciplinaire sur les troubles fonctionnels

La richesse de cette approche tient aussi dans l’infini apport de disciplines variées telles que la mécanobiologie, la neurophysiologie, les sciences de l’éducation, la psychologie ou les neurosciences. Ces disciplines nous permettent en amont de mieux saisir les mécanismes en jeu dans la réalisation de gestes, mais aussi dans le maintien d’une posture. A travers l’œil de l’ostéopathe biomécanicien, c’est tout un regard interdisciplinaire qui se pose sur la problématique de santé publique que représentent les troubles fonctionnels.

By | 2017-04-13T14:30:17+00:00 14/12/2014|Philosophie & Prospective, Sport & Santé|12 Comments

About the Author:

Xavier BLUSSEAU
Ostéopathe, vice-président de l'Association Française d'Ostéopathie. Directeur de l’enseignement à Ostéobio, école de biomécanique appliquée à l’Ostéopathie. Consultant et formateur en ergonomie biomécanique.

12 Comments

  1. Philippe BAREL
    Philippe BAREL 14 décembre 2014 at 19 h 58 min - Reply

    Les commentaires aux articles respectent la Charte des contributeurs, publiée sur le site. Dans le cas contraire les commentaires ne peuvent être pris en compte.

  2. Sven 16 décembre 2014 at 8 h 30 min - Reply

    Votre article est mauvais. Vous partez sur l idée que l osteopathe confond l œuf et la poule. C est dire la grossièreté de votre syllogisme. Jamais je ne vois parler de type morphologique, de profil psychologique, de technique tissulaire et non structurelle etc…..l osteopathie n est pas remettre une vertèbre en place. Cela s appelle de la vertébrothérapie. L osteopathe recherche manuellement une zone en restriction de mobilité et surtout recherche la ou les raisons de cette contrainte souvent adaptative. Mais les raisons sont complexes et voiuloir scientifiser cette pratique relève de l utopie. L osteopathie est condamnée au doute puisque l individu est unique et que reproduire une technique et la valider n est possible que sur un modèle normé pâr avance. Comme disait Dante: autant que savoir douter me plait…..cela pourrait résumer l etat d’un osteopathe moderne. Tout en gardant un champ de compétences definies pâr la loi évidemment, le patient reste le centre de toute l attention qu il mérite.

  3. delcourt 16 décembre 2014 at 9 h 25 min - Reply

    votre article est excellent ! Il lance le pavé dans la mare ostéopathique et pose le problème (non résolu) de cette notion causale des restriction de mobilité (comme si il ne pouvait exister qu’une seule cause dans des phénomènes physiologiques complexes….). Quelle est la structure en amont de cette restriction de mobilité ? Pourquoi est-elle en restriction de mobilité ? Quel est le mode de comportement de cette structure qui semble être altérée ? Sur quelles bases scientifiques peut-on évaluer l’état et le comportement de cette structure ? une approche interdisciplinaire est nécessaire permettant de créer des modèles (ou adapter des modèles existants) afin de comprendre de qui se passe (les savoirs) et non pas ce que l’on fait en ostéopathie (savoirs faire et savoirs être).
    Quid de la pratique ? On à l’habitude de différentier l’ostéopathie non manipulative, dite « fonctionnelle » (terme impropre, comme si le fait de poser les mains n’avait aucun rapport avec la structure) à l’ostéopathie structurelle (celle qui fait des manipulations vertébrales et articulaires, terme aussi impropre, comme si le fait de manipuler n’avait aucun rapport avec la fonction, or les manipulations sont censées améliorer la mobilité articulaire). quelle que soit la technique utilisée, intervenir sur des troubles fonctionnels signifie quoi exactement, ne pas considérer la structure ? C’est bien beau de dire « la structure gouverne la fonction » ou l’inverse mais qu’est-ce qui lie la structure et la fonction ? Quels sont les modèles permettant de relier les deux ?.
    Pourquoi parler de traitement individualisé et apprendre des techniques structurelles applicables à tout le monde ?
    L’ostéopathie a probablement un grand avenir en terme de santé publique Mais uniquement à partir du moment ou l’enseignement ne sera plus orienté vers son passé (les fondements historiques) mais vers l’avenir. La plupart des livres d’ostéopathie sont construit en 3 parties: historiquo-philosophique, anatomo-biomécanique, et technique. En est-il de même des autres sciences ? rendre l’ostéopathie plus scientifique, c’est une nécessité mais à la décharge des ostéopathes, personne ne leur en a donné les moyens. A quand l’entrée à l’université, dans les labos de recherche ?

  4. Cédric 16 décembre 2014 at 9 h 53 min - Reply

    C’est intéressant, et ça amène à remettre quelques dogme en cause. Ce qui explique sûrement la résistance de certains! L’approche pluridisciplinaire et empirique, à ses avantages (vision globale, fait le lien entre les choses) et des défauts (Manque de précision, parfois irrationnel car pas assez concrét. Un peu comme des hauts placés politiques ou autres
    qui explique comment faire,
    loin des réalités du terrain).
    La vision de la science et de la médecine moderne vise à systématiser, segmenter pour analyser, ce qui a des avantages (comprendre avec précision un mécanisme précis, réduire la complexité à des modèles permettant de reproduire au mieux les résultats) et inconvénients ( Manque de recule, trop focalisé, ce qui engendre une perte de réalité et d’humanité).
    Pour ma, je trouve que le doute et les certitudes ne s’ opposent pas mais sont complémentaires. Au même titre que empirisme et sciences se complètent. Donc le pluridisciplinaire oui, mais pas que scientifique! L’expérience empirique apporte autant de résultat! Je finirais pour Sven: le doute n’est pas synonyme d’aliénation. Accepter de ne pas comprendre nous empêche pas de chercher. Le peur de remettre en cause ses fondements et ses croyances n’est pas le doute … si tu as moins peur, tu seras moins tranché dans ton point de vue, donc plus ouvert et tolérant. Ça c’est pas de Dante, c’est de moi! Bien à vous

  5. BEDOUET 16 décembre 2014 at 11 h 05 min - Reply

    Bonjour,
    Le problème posé me semble intéressant… et met en valeur qu’une problématique mal rédigée engendre des conclusions fausses, c’est à dire des biais dans l’exercice que vous nous proposez.
    Si l’unité fonctionnelle est réalisée par un muscle, une vertèbre et un ligament (cycliste/vélo/élastique) vous testez le déplacement du vélo, c’est votre choix, mais un choix…
    Pourquoi ne pas tester la contrainte du muscle (cycliste)… ?
    Pourquoi ne pas tester la contrainte du ligament ( élastique)… ?
    Pourquoi ne pas tester globalement cette unité fonctionnelle ?
    Si votre élastique passe à un état de corde (quid d’un test comparatif, ne serait ce à un autre étage vertébral pour votre exercice, ou à un autre genou pour un autre exercice du même type). Si ce passage d’un état d’élastique à corde se réalise, vous ne nous parlez plus de la même problématique puisqu’il y a eu changement… soit chronicité ou stade aigu par exemples. Que cherchons nous alors ? c’est un autre débat…
    Si vous restez dans une problématique stricte d’évaluation biomécanique, vous avez peut être raison…
    Concernant les autres approches réflexives, je vous renvoie aux études type black box, ou aux études type Evaluation Visuelle analogique (EVA), aux questionnaires qualité de vie (cancérologie, HBP…), aux questionnaires d’évaluation de la douleur classement en neurologie etc… et vous vous apercevrez que vous ne pouvez pas expliquer les changements réalisés par des modes médicamenteux ou d’approche manuelle comme l’ostéopathie mais vous le constaterez!!!
    Bon courage pour la suite, devenez un vrai chercheur, comme vous le savez l’empirisme fait partie de la recherche scientifique quelque soit le sujet traité des sciences dures (math, physique, chimie) aux sciences humaines.
    Pour cette fin d’année, je vous envoie avec beaucoup d’avance mes vœux, dont un bien particulier devenir un témoin du changement sans pouvoir y apporter une explication. C’est pas facile mais vous pouvez y arriver… et garder votre âme de chercheur
    Alain Bédouet

  6. Sam 16 décembre 2014 at 11 h 16 min - Reply

    Merci pour cette excellente mise au point qui a pour effet de déclencher les foudres de certaines personnes qui persistent à ignorer l’avancée scientifique.
    Je dirai aussi que ce déni des avancées scientifiques fera toujours capoter la reconnaissance de l’ostéopathie telle qu’elle doit l’être. Rester sur des principes de jadis, en fermant les yeux sur ce qui se passe réellement, ne nous permettra pas de mettre l’Ostéopathie comme une pratique « reconnue » complètement dans le monde médical.

    Un brin d’humour : Sur ce je retourne replacer des vertèbres en récupérant de la mobilité 😉

  7. Jerome 16 décembre 2014 at 14 h 22 min - Reply

    Excellent article. Il est très intéressant de voir ce gouffre qu’il peut y avoir actuellement entre les approches d’une même profession, dans un même objectif: soigner le patient. Ceci fait se démarquer parfois ceux qui veulent avancer et remettre en doute leurs connaissances grâce à la science quitte à reprendre leur vision des choses grâce à l’établissement de nouveaux modèles, de ceux qui considèrent avoir tout compris, ou compris qu’ « il ne faut pas chercher à comprendre »? C’est si réducteur malheureusement je pense, et si la science s’était ainsi conduite au fil des siècles, malheureusement je pense que nous n’aurions pas fait évoluer la technique, et les remèdes n’auraient jamais évolué pour se perfectionner, car nous n’aurions pas cherché en quoi, pourquoi et comment ils sont efficaces. Merci pour cette volonté d’avancer ça fait du bien.

    Je finirai moi aussi par une citation de Confucius:
    « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. »

  8. Wolverine 16 décembre 2014 at 16 h 17 min - Reply

    Un ancien directeur d’Ostéobio se plaisait à répéter à ses élèves, cours après cours, un aphorisme: « pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient ».
    Cette habitude était d’autant plus comique que le dit directeur était le premier à caricaturer Still en bigot taumaturge. Du bon travail: les nouvelles générations d’ostéopathes osteobio-mécanicien s’en tiennent au mépris de tout travail ostéopathique antérieur à eux.
    Pourquoi? Parcequ’on leur appris.
    Il me semble bien que c’est là la définition d’un dogme… non?

    Il en va de même pour tout essai de travail scientifique qui, de par le monde, a pu traiter de l’ostéopathie, ces 40 dernières années: tabula rasa! Ne perdez pas de temps à lire ces inepties!
    Je rebondis sur ce qu’a dit Jérome: içi aussi  » il ne faut pas chercher à comprendre ».
    Obscurantisme?

    « Pour critiquer les gens, il faut les connaitre, et pour les connaitre, il faut les aimer » disait Coluche.
    Après avoir rapidement retourné leurs vestes (leurs plaques?) juste avant les décrets pour ne pas rester sur le carreau, les éthiopathes de CEMEV-OSTEOBIO voudraient désormais réinventer l’ostéopathie en ne tenant pas compte de la masse de pratiques et de praticiens que cela représente.
    Mais il ne suffit pas de se prétendre « formation scientifique », d’avoir un laboratoire et d’accoler un « biomécanicien » à son titre pour avoir une démarche scientifique.
    Où est l’état de l’art? Où sont les critiques, les discussions?

    Et de toutes façons, où sont les publications?
    Le ITBM-RBM n°27 ne révolutionne pas la biomécanique, et surtout, ne valide en aucune façon l’efficacité d’une technique plutot qu’une autre.

    Si vous vous sentez perdus dans le monde des ostéopathes, peut-etre faut-il changer de titre (et redevenir éthiopathes? Une sorte de retour en arrière…).

  9. Xavier Blusseau 17 décembre 2014 at 10 h 51 min - Reply

    Chers contributeurs affichés ou masqués,

    Que vous adhériez ou que vous vous opposiez aux propos de cet article volontairement polémique, je vous remercie d’avoir pris le temps d’y apporter des réponses.
    Vos réactions montrent bien que des problèmes de fond persistent dans notre profession malgré les cris de victoire de certains représentants socioprofessionnels suite à la publication des décrets et arrêtés sur la formation.

    J’ai accepté de rédiger cet article pour la rubrique « philosophie ET prospective » de ce blog.
    Vous vous êtes exprimés sur ma connaissance ou méconnaissance de la philosophie ostéopathique et donc sur ma légitimité à tenir ce genre de propos. J’ai bien pris note de vos remarques.

    Par contre, nous éludons toujours une question sociétale qui est à mes yeux la principale, qui est loin d’être anodine et m’inquiète donc au plus haut point.

    Quel sera l’avenir d’un jeune qui aura été diplômé en ostéopathie sous prétexte qu’il aura cru, de gré ou de force, à la dysfonction ostéopathique et aux principes thérapeutiques issus des concepts ostéopathiques ?

    Car cette condition est malheureusement suffisante pour être diplômé en ostéopathie compte tenu des textes qui réglementent la formation. Le nombre d’heures et le nom des matières ne peuvent être seuls un gage de qualité d’une formation.

    Dépassons l’éternel débat philosophique qui consiste à s’écharper pour savoir si tel ou tel concept est meilleur que l’autre parce qu’il donnerait une explication absolue sur la physiologie humaine et la santé. L’enjeu n’est pas la philosophie, mais les applications et les modes opérationnels qui en découlent. Ce me semble être un déni de réalité que de croire qu’il n’y a aucun problème dans les applications des concepts ostéopathiques pour prendre en charge la plainte d’un patient. Le malheur est que lorsqu’on soulève ces problèmes, on s’entend dire qu’on n’a rien compris aux concepts. Et l’échange est obligé de s’arrêter là.

    C’est pourquoi je vous invite à échanger sur le point sociétal de l’avenir des jeunes.

    Les plupart des représentants socio-professionnels, des directeurs des grandes écoles et des professionnels de santé a préféré rédiger des référentiels métiers et formation pour que survivent les concepts ostéopathiques. Était-ce vraiment le principal ? Quelles étaient les motivations de chacun ?

    Passez de très belles fêtes de fin d’année.

    Xavier Blusseau

  10. Guillaume 18 décembre 2014 at 21 h 44 min - Reply

    Bonsoir, je viens de rerelire cet article, qui a aiguisé ma curiosité ces derniers jours. Il est plutot interessant.
    En effet Xavier, on doit arreter de former des jeunes osteopathes sous l egide de telle baniere ou d une autre, car là commence et finit l osteopathie en france, au point de s enterrer dans des querelles sans fin. Arretons de confronter le structurel au fonctionnel(ça sert à rien), prenons en compte de manière « rationnelle » le patient et sa plainte dans les conditions de survenue de la plainte avec ses antécédents. Le canevas de fond de l osteo doit etre plus ouvert même s il s avere qu il evolue dans un cadre bien limité(au départ).
    Je suis tout a fait d’accord avec toi qu’aller chercher des references ailleurs (dans la mecanobio, la pneurophysio, les neurosciences) qui desserviront une pratique rationalisée dans notre mode opératoire, est un préalable à donner des bases dans le discours (envers les patients et envers les autres professionels de santé) et dans nos applications therapeutiques de nos techniques (apprises et repétées maintes fois au cours de notre formation) dans notre quotidien pour faire evoluer grandir de futurs osteopathes. malheureusement, les decrets d’exercices ne desservent que ceux qui veulent ou voudraient faire la pluie et le beau temps « politiquement parlant » dans notre profession et c est bien triste.
    l osteopathie française a encore du chemin à faire….
    merci Xavier

  11. Canard Musqué 31 décembre 2014 at 12 h 29 min - Reply

    Gaston Bachelard dans  » La philosophie du non  »

     » ….l’empirisme a besoin d’être compris; le rationalisme a besoin d’être appliqué.Un empirisme sans lois claires, sans lois coordonnées, sans lois déductives ne peut être ni pensé, ni enseigné;un rationalisme sans preuves palpables, sans application à la réalité immédiate ne peut pleinement convaincre.
    On prouve la valeur d’une loi empirique en en faisant la base d’un raisonnement. 
    On légitime un raisonnement en en faisant la base d’une expérience….. »

    Voir aussi: Etienne Klein « Galilée » Dans Parenthèse Culture. …..Un scientifique ne doute pas, un chercheur, doute!

    Bonnes fêtes!

  12. Bob 27 janvier 2015 at 12 h 18 min - Reply

    Votre article est à la fois intéressant et déprimant.
    Intéressant, dans la réflexions, mais déprimant dans la méconnaissance de nos concepts.

    Vous basez toute votre « démonstration », sur un éventuel « blocage » vertébral, sans tenir compte de ce que nos aînés nous ont laissés, à savoir faire le distinguo au niveau de la pratique, afin de comprendre pourquoi il y à restriction de mobilité.

    Vous raisonner sur cette restriction, la conséquence en partant du postulat que les ostéos pensent que c’est la cause.
    Or les différentes techniques, ligamentaires, articulaires, musculaires, nous permettent de savoir pourquoi nous avons un ralentissement au sein du mouvement, et donc d’agir en conséquence afin de retrouver un mobilité correcte.
    C’est exactement ce que vous soutenez et qui à été décrit par nos aînés, il y à plus de 100 ans.

    Le mieux serait certainement, que vous vous penchiez sur ces écrits, vous pourriez ainsi découvrir ce qu’est l’ostéopathie.
    La lecture du benchmark de l’OMS qui fait référence, serait intéressant afin de comprendre ces différentes techniques et les différentes relations des modèles structure – fonction qui ne se restreignent pas seulement au modèle biomécanique.

    Bonne journée
    .

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