Préparation mentale de sportifs de haut niveau

/, Sport & Santé/Préparation mentale de sportifs de haut niveau

Témoignages sur la pratique de la préparation mentale de sportifs professionnels

Selon Loïc Gouzerh, professionnel de la préparation mentale sportive, deux approches se complètent :

  • La première approche apparaît comme une recherche de résolution de problèmes d’ordre psychologique. Elle est du ressort des psychologues, des psychothérapeutes, des psychanalystes et parfois des psychiatres. Elle est plutôt orientée sur l’analyse du passé de l’athlète dans lequel se trouve l’origine de ses déséquilibres psychologiques. Il s’agit de comprendre le pourquoi des problèmes.
  • La deuxième approche a pour but de développer les qualités mentales nécessaires à la pratique de la compétition. Elle est du ressort des entraîneurs et des préparateurs mentaux. Elle est principalement orientée sur le présent et le futur par rapport à des rendez-vous compétitifs et permet d’acquérir des moyens concrets pour gérer l’avant match, le match proprement dit et l’après match. Il s’agit ici de s’intéresser au comment de la performance. Ici, un préparateur peut être un psychologue spécialisé en préparation mentale, mais pas forcement.

Tiré de wikipedia 

 

3 témoignages d’athlètes françaises à propos de leur expérience personnelle de préparation mentale des sportifs (recueillis par Jérôme DROUARD) :

Marine Bonnetaud

« Au-delà de la manière dont cette préparation mentale est intégrée dans l’entrainement, je pense que dans tous les cas la démarche à elle seule permet « d’éclaircir » les réelles motivations qui influent sur l’investissement de chacun et donc d’avoir une réflexion personnelle que l’on n’aurait pas forcément eue si cela n’avait pas été mis en place. Pour ma part, je trouve aussi que cela permet d’avoir une vision à la fois plus large et plus rigoureuse de l’entraînement. Un entraînement avec une préparation mentale apporte des déclics et des solutions que n’apporterait pas forcément un entraînement sans celle-ci; ce qui selon moi permet de s’ouvrir à des perspectives de réussites plus encourageantes. En effet, savoir que l’on peut progresser dans un simple footing ou dans une séance de récupération en natation juste en mettant en place certaines choses, réfléchies au préalable, ou tout simplement assise dans son canapé en analysant certains points à améliorer en testant différentes choses, est très
motivant pour un athlète (et encore plus si l’on a des lacunes « physiques »). En effet puisque, toujours selon moi, la vitesse de progression dépend dans un premier temps de la manière d’aborder sa pratique puisque de ça découle la qualité de son investissement. C’est ce qui d’ailleurs va rendre plus intéressant et plus facilitant les séances, au quotidien.

Au niveau de mon entrainement l’intégration d’une préparation mentale se traduit par l’analyse, d’une part de mon fonctionnement (sur le plan moteur, émotionnel, etc.) et d’autre part, par la manière dont je me comporte aux entraînements. A partir de cela, j’établis les choses à améliorer autant pour la compétition que l’entraînement. Par exemple, je sais que pour moi, c’est lors de la partie course à pied que je fléchis mentalement plus facilement à cause principalement de ressentis physiques. Grâce à ma préparation mentale, je connais les choses à mettre en place et à quels moments de la compétition pour parer à cet état de « fragilité » (par exemple ne penser qu’à mon épaule droite, puis à mon expiration, puis qu’à mon pied gauche, etc.). Cela me permet d’avoir des outils dans chaque discipline pour construire plus « solidement » des bases sur lesquelles je m’appuierai tout au long de mes années de pratique.

Je pense que pour un jeune athlète il est important d’intégrer une préparation mentale de façon progressive dans la gestion de sa pratique. Car l’assimilation de tous ces « outils » apportés à l’athlète, mérite beaucoup de réflexion de sa part pour sentir ce qui lui correspond le mieux. De ce fait, il est primordial qu’un jeune soit totalement volontaire pour ce genre de fonctionnement pour qu’il puisse s’investir en conséquence et que cela puisse durer dans le temps. Tôt ou tard, on est forcément amenés à se poser des questions sur sa pratique et le degré d’importance qu’on lui donne. La préparation mentale permet de mieux se positionner par rapport à cela et apporte une meilleure stabilité. Plus elle est entreprise tôt, plus ce sera bénéfique pour l’athlète durant les années à venir.

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous !

Carole Péon

« Pour moi, la préparation mentale restait quelque chose de très abstrait. C’est pourquoi j’y ai eu recours assez tard, c’est à dire une fois que j’ai eu essayé tous les moyens plus concrets auxquels j’ai pu penser pour améliorer mes performances en compétition. Une fois au pied du mur, j’ai accepté sans trop y croire d’essayer la préparation mentale. Performer en compétition, c’est déjà trouver le bon équilibre chaque jour à l’entraînement. C’est à dire mettre en place ce qui est bon pour soi même si ce n’est pas en accord total avec le groupe d’entraînement dans lequel on est. Pour ma part, c’est accepter d’aller « moins vite », de faire moins d’intensité. Ca a l’air simple, mais ce n’est pas toujours évident d’avoir cette sensation d’être « moins fort » à l’entraînement et de faire un footing quand les autres font une séance…cette culture du « toujours plus » hante le triathlète et même parfois les coachs de triathlon! Il faut apprendre à ne pas se comparer aux autres pour garder sa confiance en soi, voire même l’améliorer. Tout ca est très facile à dire mais il m’aura fallu du temps pour le concrétiser. Mes performances en compétition s’en ressentent de manière positive. En effet, être en accord avec soi- même à l’entraînement, faire ce qui est bon pour soi, sans douter, sans stresser, en étant heureuse, me fait arriver à la compétition avec beaucoup d’envie et de confiance. Je comprends enfin ce côté ludique de la compétition dont on m’a beaucoup parlé mais que je ne parvenais pas à saisir…focalisée sur le stress…En fait c’est mon état d’esprit qui a évolué. L’état d’esprit avec lequel j’aborde ma journée, mes entraînements qu’ils soient bons ou mauvais, mes objectifs…Donc, en fait, ma préparation mentale au quotidien, c’est surtout un discours interne positif ou une sensation corporelle qui voudra dire la même chose que des mots pour moi, l’exemple serait: ne te compare pas aux autres, tu sais ce qui fonctionne pour toi, utilise ta respiration pour être relâchée, agis plus, réfléchis moins, focalise-toi sur les ressentis, pas sur les chronos.

Tout l’hiver, 2 fois par semaine, je faisais des exercices de respiration liés à du stretching. L’objectif était d’être focalisé sur mes sensations. Pendant ce moment au moins je ne réfléchissais pas. C’est quelque chose que je continue à faire plus ou moins régulièrement, mais aujourd’hui je sais quoi faire maintenant si mes réflexions commencent à partir dans tous les sens et à me « pourrir la vie »! Je mets également cela en place juste avant la course pour éviter de cogiter…ce n’est plus le moment!

Pour être focalisée sur mes sensations, il est préférable de ne pas connaître les temps réalisés. D’abord parce que s’ils ne sont pas bons, je suis susceptible de m’énerver et mon relâchement en subit les conséquences, ensuite car je peux avoir tendance à vouloir garder ces bons temps réalisés sur le début de séance jusqu’à la fin ce qui fait que je risque d’être au-dessus de l’allure travaillée. A l’approche des compétitions, je travaille uniquement à la sensation sans chrono. C’est parfait pour mon mental et la confiance en soi à l’abord de la compétition. Il faut une certaine expérience pour cela. A chacun de trouver un équilibre entre ses besoins physio et mentaux pour performer le jour J.

N’ayez pas peur de vos différences, ne vous comparez pas aux autres, prenez du temps pour vous connaître, parlez avec votre entraîneur de ce que vous ressentez, de certains stress que vous avez et qui pourraient être très facilement gommés par une meilleure communication et qui pourront vous changer la vie en terme de bien-être et donc de performance. Chaque individu est unique et aura son propre chemin pour réaliser son objectif.

Une fois que l’on accepte ses points faibles et que l’on connaît ses points forts, on a fait un grand pas.

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous !

Alexandra Cassan-Ferrier

Depuis quelques mois, j’ai pris conscience de l’importance de la préparation mentale dans ma vie d’athlète ainsi que dans ma vie personnelle. Etant assez « nouvelle » dans le triathlon, j’avais jusqu’ici du mal à appréhender certaines situations, que ce soit en compétition ou à l’entrainement. Avec l’aide de Jérôme Drouard, nous avons mis en place plusieurs routines de fonctionnement, à l’entrainement et en course. L’éclaircissement de mon projet sportif m’a également apporté un plus, autant dans ma vie « sportive » que dans ma vie « personnelle », car tous les jours je peux m’améliorer sur différents points, essayant alors de gommer mes défauts et de travailler mes points forts, en ayant conscience de leurs existences, des progrès effectués, et du chemin à accomplir et à prendre pour sortir « grandie » de cette belle expérience.

Pour « combattre » le stress avant-course, j’ai, avec l’aide du préparateur mental, mis des objectifs personnels en place, remplaçant alors les objectifs de résultats que je me fixais auparavant, et qui étaient en grande partie responsables de ce stress. Ainsi, ces objectifs me permettent de me focaliser sur des actions concrètes (la fréquence en natation, le relâchement en course à pieds, la combativité à vélo…). Ces objectifs personnels peuvent aussi être mis en place à l’entrainement, permettant alors d’être plus concentrée sur ses actions, et de « repousser » la fatigue au second plan!

J’ai commencé le triathlon comme la plupart des gens, sans me poser de questions, en fonçant, « tête baissée », advienne que pourra. La mise en place, par écrit et à l’oral d’objectifs à court et long termes (pour la saison actuelle, pour l’an prochain mais aussi pour dans 10 ans), ainsi que les moyens mis en place pour y parvenir m’ont permis d’éclaircir mon projet sportif dans le triathlon, et ainsi de renforcer ma motivation, car je sais alors où je veux aller, et quel chemin prendre, jour après jour et année après année, pour y parvenir.

Etant de nature assez anxieuse avant les compétitions, la mise en place de routines de fonctionnement m’a beaucoup aidée : dorénavant, la veille d’une course, j’écris les différentes actions que je vais réaliser le lendemain jusqu’au départ. La peur de l’inconnu n’a alors plus lieu d’être, et j’aborde les quelques heures avant la course plus sereinement.

Au premier abord, la préparation peut paraitre un détail, un détail compliqué pour certains, surtout lorsque l’on est jeune ou débutant dans l’activité, mais en l’intégrant à l’entrainement, on se rend vite compte de son importance. Ainsi, le rapport à l’entrainement, aux autres (que ce soit l’entraineur ou les collègues d’entrainement) et à soi devient plus clair, plus équilibré, ainsi que le projet sportif que l’on mène, car d’une façon ou d’une autre, nous avons tous un objectif, qu’il soit personnel et/ou sportif dans la pratique du sport, et en particulier du triathlon. Savoir où l’on veut aller et où l’on va réellement est à la base de tout ! Pouvoir s’améliorer, être meilleur dans sa pratique ainsi que dans la vie de tous les jours avec soi, avec les autres, passe par une certaine réflexion, que la préparation mentale aborde très bien…le détail devient alors une évidence !

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous !

Jessica Harrison

Un travail de visualisation avant-course que j’ai mis en place depuis 2007 et que maintenant je fais même sans trop réfléchir. Un travail de maitrise de stress avant les courses (discours interne, travail de respiration) qui a mis beaucoup de temps à devenir automatique mais qui est maintenant une deuxième nature.

Je fais des listes ! Ca m’aide à avoir des idées très claires et un plan d’attaque avant-course. Ca m’apaise et me donne un fil conducteur en même temps. Je regarde attentivement mon emplacement dans la transition avant la course et je me vois faire mes transitions vite et efficacement et quand j’arrive dans la course, ça ce passe quasiment toujours comme ça!

C’est vraiment un paramètre à ne pas négliger, que ce soit des astuces très simples (comme de visualiser tes transitions avant une course) ou plus complexe (la gestion de stress) et pour très peu d’effort physique (mais un peu d’investissement cérébral quand même!) tu peux gagner vraiment beaucoup d’efficacité en course.

Pour aller plus loin sur le penser positif :

 

Selon Gilles Binet, autre professionnel de la préparation mentale des sportifs : « c’est une gestion plus humaine que sportive. Il s’agit de faire progresser un athlète en dehors de la technique, du physique, de la tactique ou de la stratégie. la préparation mentale pour un sportif se fait en amont de la compétition, durant la compétition, et après la compétition.Il faut donc se préparer en dehors des résultats qu’il est susceptible d’obtenir. »

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous !

By | 2018-11-04T20:18:14+00:00 07/09/2017|Psychologie & Neurosciences, Sport & Santé|0 Comments

About the Author:

Paul Devaux
Après un passage « rapide » en école de commerce (Sup de Co Tours), Paul est formateur et Coach depuis une vingtaine d'années. Il dirige le Cabinet Orygin depuis 2006. Il pratique un accompagnement chaleureux et incisif, qui crée l’alliance et bouscule en douceur le cadre de référence de ses clients. Accrédité à la Société Française de Coaching en 2008, il est également superviseur de Coachs. A titre personnel, Paul Devaux pratique le Qi Gong, la méditation et le yoga depuis de nombreuses années, ce qui participe du recul dont il essaie de faire profiter ses clients. PAUL DEVAUX : 06.10.56.14.96

Leave A Comment