Quand l’activité physique dope la génétique

//Quand l’activité physique dope la génétique

Pascal Prévost propose une série d’articles consacrés à l’impact de l’activité physique sur nos performances et notre santé globale. Ce premier billet porte sur un effet particulièrement important : la « cure de jouvance » que provoque la pratique régulière de l’activité physique.

Trop souvent oubliée, négligée, décriée voire dénigrée, l’activité physique a retrouvé ses lettres de noblesse ces 20 dernières années dans de multiples domaines que nous parcourrons ensemble, pour découvrir les avancées réalisées sur cette thématique. L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) a même publié un volume de plus de 800 pages consacré à ses effets sur la santé. Des surprises nous attendent au détour de telle ou telle publication scientifique, de telle ou telle découverte. Certaines vont remettre en question des dogmes bien établis dans l’esprit populaire.

Tel Homère… une longue histoire

Notre corps s’améliore, s’entretient et se transforme en permanence. Par exemple certains globules blancs du sang ont une durée de vie de 3 jours, alors que celles des globules rouges est de 3 mois. En 6 mois, on renouvelle la moitié des protéines des muscles de la cuisse. Pour ce faire, nous utilisons un trésor : l’ADN. Celui-ci est enroulé, empaqueté et caché dans les chromosomes au sein de nos cellules. Plus précisément, ce sont les gènes (petites portions de l’ADN contenu dans les chromosomes) qui vont être utilisés. Les gènes contiennent le code nécessaire à la fabrication de l’ensemble des protéines qui sont utiles à notre corps. D’où l’importance de protéger ce trésor enfermé dans nos chromosomes.

La nature a imaginé de mettre une sorte de capuchon à leur extrémité : le télomère (encore une protéine). Il est enlevé pour permettre la duplication des protéines, puis refabriqué à la fin du processus. La présence du télomère est essentielle à la stabilité de nos chromosomes et donc à la régénération de notre corps. En fait, c’est sa longueur qui est le paramètre important car c’est elle qui permet un bon enveloppement des extrémités du chromosome pour les protéger de la dégradation, à l’image d’un gant qui vient envelopper nos doigts. Cette longueur est sous l’influence d’une autre protéine spécialisée appelée télomérase.

Le problème est qu’à force de faire des copies de protéines à partir des gènes de nos chromosomes, la longueur de nos télomères diminue et avec elle l’efficacité de leur protection. Cela marque le début de la fin car qui dit diminution du télomère, dit détérioration des gènes. Or, un gène détérioré entraîne une erreur de fabrication induisant la création d’une protéine de mauvaise qualité ou tout simplement d’une protéine qui ne peut servir à remplacer celle détruite car trop différente. Lorsque les télomères disparaissent, les chromosomes sont mis à nus, s’abîment de façon définitive et le processus de vieillissement de nos cellules débute.

La santé, une affaire de longueur ?

On a découvert que le stress, l’obésité, le tabac, certaines maladies chroniques inhibent l’action de la télomérase, accélérant la détérioration du télomère et, par conséquent, le vieillissement de notre corps. À l’inverse, depuis le milieu des années 2010, il a été démontré chez l’homme que l’activité physique régulière le préserve voire renforce l’action de la télomérase. Ainsi, la longueur de nos télomères serait indirectement le reflet de notre santé.

Faire de l’exercice pourrait rajeunir notre corps ou tout du moins ralentir les effets du vieillissement sur nos grandes fonctions (cardiaque, pulmonaire, immunitaire, articulaire, musculaire etc.). Lorsque l’on sait l’impact que peut avoir l’activité professionnelle sur notre niveau de stress, sur nos habitudes alimentaires et de transport il devient évident, voire logique, d’inclure l’activité physique dans nos habitudes de vie pour se préserver de l’effet délétère de ces paramètres.

What health ?

Nous allons voir par la suite ce que les sciences apportent comme réponses aux questions suivantes : quoi faire, combien de fois et à quelle intensité, comment le faire, quand le faire, qui peut m’aider à le faire, éventuellement où le faire.

« Pourquoi le faire ? », On le sait déjà !

By | 2017-04-13T14:30:16+00:00 05/01/2015|Sport & Santé|2 Comments

About the Author:

Pascal PREVOST
Directeur de Sciensport. Docteur en neurophysiologie et biomécanique de la performance motrice, DESS en préparation physique. Enseignant, consultant, il est l’auteur de « La bible de la préparation physique – Le guide scientifique et pratique pour tous ».

2 Comments

  1. Aulde 5 janvier 2015 at 13 h 56 min - Reply

    Merci, je file faire un footing …

  2. Julien Dano 5 janvier 2015 at 19 h 58 min - Reply

    Merci pour cet article source d’une motivation supplémentaire lorsque la simple envie ne suffit pas. Vivement le « comment » car intuitivement il y a de fortes chances pour que le bénéfice d’une activité sportive ne soit pas proportionnel aux litres de sueurs transpirés, aux km parcourus etc…

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